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Affaire Landru : Le récit du procès en images

Replongez-vous dans un procès mythique !


Présentation : Monsieur Mystère… c’est le surnom qu’on donna à Landru au cours de son procès. Alors qu’on l’accuse d’avoir tué et brûlé onze malheureuses victimes dans sa cuisinière, l’homme se retranche dans un mutisme assourdissant. Bien qu’il nie farouchement les faits qu’on lui reproche, l’accusé se permet d’opposer un « droit au respect à la vie privée », quand  le président de la cour lui demande où sont passées ses fiancées !


Du 7 au 30 novembre 1921, on jugea donc l’affaire Landru, ou comment un petit escroc sans envergure est devenu le Barbe bleue de Gambais. Bénéficiant d’une couverture médiatique sans équivalent pour l’époque, ce procès a été exceptionnel à plus d’un titre. Le Tout-Paris se bousculait pour assister – comme au théâtre ! – à l’une des audiences judiciaires, qui fut à l’origine de la naissance du criminel le plus célèbre du XXe siècle.


Publication : Le livre est publié aux éditions Mazeto Square.

Titre : Affaire Landru : Le récit du procès en images

Auteur: Charles Borrett

Editeur : Mazeto Square

Broché : 128 pages

ISBN : 978-2919229284

Dimensions du produit: 21 x 15 cm

Parution : 30/11/2015

Disponible sur le site de l’éditeur et sur Amazon.


Lire le communiqué de presse

Page dédiée au livre (site de l’éditeur)


Extraits du 1er chapitre : « Soudain, la porte située en face du public, derrière le président, s’ouvre. Voici l’accusé Henri-Désiré Landru qui fait son apparition, entouré de trois gendarmes, sous les murmures d’une salle rassurée de le voir. « C’est Landru, c’est Landru ! » entend-on de toute part. Landru pénètre dans cette arène sans dire un mot, où, rappelons-le, se joue sa tête. Certains commentateurs croient apercevoir aux coins de ses lèvres, un léger sourire ; un simple rictus, diront d’autres. Mais tous s’accordent sur un point : on le trouve changé, amaigri, presque vieilli. Son crâne est chauve, sa barbe est grisonnante, et il donne l’impression de flotter dans son pardessus jaune. Cependant, son aspect semble plus soigné que lors de ses précédentes apparitions devant le tribunal correctionnel. Pour ainsi dire, il ressemble à « un petit-bourgeois d’aspect neutre et le plus insignifiant ». Après quelques mots échangés avec ses avocats, Me de Moro-Giafferi et Me Navières du Treuil, Landru s’assoit, toujours entouré par ses gardes.


À 13 h 35, le greffier Grison débute la lecture de l’acte d’accusation. Au cours de l’instruction, deux autres personnes avaient été inculpées en plus de l’accusé : il s’agissait de son épouse et de l’un de ses fils. Mais rapidement, on abandonna les poursuites contre eux. Seul Landru, détenu préventivement depuis son arrestation, comparait donc aujourd’hui. Selon le réquisitoire définitif, Landru est accusé « d’homicides volontaires, vols, recel et complicité, recel qualifié, faux et usage de faux », l’instruction ayant mis en lumière une extraordinaire et funèbre mise en scène.

Alors que la Première Guerre mondiale venait d’éclater, et que déjà beaucoup d’hommes étaient morts au combat, Landru décida de faire paraître des petites annonces matrimoniales, dans lesquelles il disait être à la recherche d’une femme en vue d’un mariage. Ces annonces matrimoniales étaient un moyen efficace pour lui d’être en contact rapidement avec des femmes dans le besoin ; dans ce contexte de guerre, beaucoup de jeunes veuves espéraient rencontrer, non pas le grand amour, mais un homme honnête – bon père de famille – qui leur permettrait d’améliorer le quotidien.

Ainsi, Landru rencontrera des femmes, beaucoup de femmes : l’instruction en a dénombré plus de 283 en l’espace de  quatre ans. Pourtant, parmi toutes ces femmes, toutes ne l’intéressaient pas. Ce que recherchait Landru, ce n’était pas la veuve richissime, mais plutôt la femme ayant un peu vécu, pas très belle, donc peu courtisée, disposant de quelques économies, et surtout, assez isolée de sa famille. Pour chacune d’entre elles, Landru échangeait quelques lettres, sous différents pseudonymes (il en utilisera plus de 90), puis, si la proie l’intéressait, il la rencontrait, l’invitait au café, ou au théâtre. Landru savait jouer l’amant galant, respectueux, à l’écoute de ces femmes peu habituées à de si délicates attentions. Comment pouvaient-elles résister à ce gentilhomme ? Pourquoi ne pas le croire quand il vous expliquait qu’il voulait refaire sa vie avec vous, vous emmener vivre l’aventure à l’étranger, au Mexique, ou dans ce nouvel eldorado qu’était l’Algérie pour les Français de l’époque…


Poursuivant sa lecture, le greffier fait état du petit carnet noir de Landru, retrouvé sur lui le jour de son arrestation. Pour l’accusation, c’est la pièce maîtresse qui prouve que Landru est un assassin de sang-froid. En parcourant ce carnet, le juge d’instruction Bonin avait découvert d’étranges annotations : « 12 avril 1917, Mlle Babelay, 4 h du soir » - « 26 novembre 1917, Mme Jaume, 5 h » - « 5 avril 1918, Mme Pascal, 17 h 15 », etc. Le juge crut déchiffrer l’impensable… Sous ses yeux, les dates et les heures de décès des femmes que Landru avait rencontrées et dont on avait signalé la disparition.


Pour dix femmes et le garçon de l’une d’elles, le ministère public considère que Landru les a froidement tués, et qu’il a ensuite brûlé leur corps dans sa cuisinière. D’abord dans une villa louée à Vernouillet, puis dans une autre, à Gambais (dans les Yvelines). C’est là-bas, sous couvert d’une escapade en amoureux à la campagne, que Landru faisait venir ses futures victimes ; celles dont il considérait qu’elles étaient à point, et que leur disparition ne gênerait plus grand monde.

Comble du cynisme, après avoir liquidé les avoirs bancaires de ces femmes, Landru vidait ensuite les appartements pour vendre les meubles, les bijoux, les vêtements. Et ce sont ceux dont il n’a pas pu se débarrasser qui encombrent aujourd’hui la salle d’audience du tribunal.

La lecture de ce terrible acte d’accusation dure presque trois heures. Malgré tout ce qui lui est reproché, Landru apparaît calme, écoutant le greffier, sans être trop attentif. Il semble absent, voire détaché. En fin de journée, l’avocat général annonce que, finalement, une des victimes présumées, que la défense pensait avoir retrouvé vivante, n’est pas la bonne. Il s’agit d’un simple homonyme.


Tout le monde espérait beaucoup de cette première journée, mais il faut bien admettre qu’elle n’aura rien appris de nouveau, les journaux en ayant déjà dit beaucoup les jours précédents. Heureusement pour le public, les premières joutes verbales entre l’avocat général Godefroy et l’avocat de Landru, Me de Moro-Giafferi, ont un tantinet pimenté ce soporifique énoncé du greffier. Face à face, ces deux chevaliers sont prêts à croiser le fer, et cela promet un beau combat judiciaire à venir… Vers 17 heures, le président lève l’audience. C’est la fin de cette première journée d’audience. »


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© Charles Borrett / Mazeto Square

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