2009-2015 © Charles Borrett - Mazeto Square | Mentions légales

CHARLES BORRETT

portfolio

Courts métrages

Sa majesté profane

Rolleiflex

Elle(s)

My unknown soldier

Photographies

Affaire Landru

Oradour-s

Cretan Tsikoudia

Contes pour enfants

Alban le ver luisant

Maman Mamelle (conte musical)


@ Blog / revue du web

@ Infos / Contact

Accueil

PHOTOGRAPHIE

Oradour-s, d’un village à l’autre

Série de 41 photographies réalisées au sténopé

Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne, France) - 2013


Présentation : Le 10 juin 1944, le village limousin d'Oradour-sur-Glane est massacré par la division SS Das Reich. Les femmes et les enfants sont brûlés dans l'église, les hommes sont fusillés dans les granges, le bourg est ensuite incendié. On dénombrera 642 victimes. À la fin de la guerre, dans un souci de mémoire, les autorités françaises décident de sauvegarder les ruines "dans le meilleur état de destruction possible"; les quelques survivants construisent alors un nouvel Oradour, à quelques pas de l'ancien. Ce parcours photographique a été réalisé au sténopé, soixante-dix ans après le drame, des ruines du village martyr jusqu'au nouveau bourg. Abolissant le temps et l'espace, sans artifice, ces photographies sont comme des passerelles pour se souvenir, et s'interroger. Le sténopé est un appareil photographique qui se rapproche des débuts de la photographie ; il ne possède ni objectif, ni diaphragme. Seul un trou d'épingle laisse entrer la lumière, qui s'imprime directement sur la pellicule.


Genèse du projet : La première fois que j’ai visité le village martyr, je devais avoir 4 ou 5 ans. Puis, j’y suis retourné plusieurs fois, souvent pour accompagner les amis de mes parents, qui ne connaissaient pas ce site, et qui étaient venus passer quelques jours dans la maison de campagne de mes parents, à une trentaine de kilomètres d’Oradour.

Mais à chacune de mes visites, je ressentais quelque chose de différents, évoluant avec l’âge… puis les années ont passé.

En 2011, je rends à nouveau au village martyr, et cette fois, je découvre le nouveau bourg. Je vais plus loin que les touristes, je marche dans les rues du centre ville, je fais un détour ver le stade, l’école. Je décide de travailler sur cette histoire particulière, en abordant à la fois le village martyr et le nouveau bourg.

D’abord, je me suis orienté vers la réalisation d’un documentaire, puis finalement, n’arrivant à bien cerner mon sujet, car je voulais m’écarter d’une approche sociologique, le projet a stagné. L’année suivante, je découvre le sténopé, et instantanément cette technique m’apparaît comme essentielle pour évoquer Oradour. Le projet devient donc un travail photographique, en argentique, et me permet d’aborder mon sujet dans son ensemble. Le sténopé étant à l’opposé de l’instantané, de la photographie des hommes, au contraire, le sténopé capte l’immuable, saisit ce qui flotte autour de nous.

Avec le recul, ce travail nous parle d’urbanisme, de la matière, du bois calciné, du sable et de la terre, des pierres, du béton et de la ferraille… Il expose non pas les hommes, mais ce qu’ils ont fait de leurs mains, ce qu’il nous reste de leur passage.


Matériels utilisés : Je me suis servi du boîtier sténopé fabriqué par Holga, format 6x6, avec de la pellicule Ilford FP4 Plus. Développement perso dans mon labo, puis scan HD des négatifs (3200dpi avec le CanoScan 9000F qui est excellent pour son prix au passage…).


Exposition : Un aperçu de cette série (5 photographies) a été présentée dans le cadre du 18ème Festival Territoires en Images, organisé à l’Institut de Géographie de Paris (avril 2014). Je suis toujours à la recherche de lieux pour exposer ce travail, n’hésitez pas à me contacter.


Publication : Ce travail a été publié sous la forme d’un joli recueil (imprimé en offset par la Source d’Or) aux éditions Mazeto Square.

Titre : Oradour-s, d’un village à l’autre

Auteur: Charles Borrett

Editeur : Mazeto Square

Broché : 64 pages (noir et blanc, offset)

ISBN : 978-2919229048

Dimensions du produit: 21 x 15 cm

Parution : 14/04/2014

Disponible sur le site de l’éditeur et sur Amazon.


Revue de presse : La publication du livre a fait l’objet de quelques articles dans la presse locale (Haute-Vienne) et spécialisée (Photographie) dont voici une sélection… France 3 Limousin, L’Ecole des lettres, Actuphoto, Photophiles, L’Œil de la photographie, le Populaire du Centre, le Choix des libraires, Vif82, Info Mag 87


Lire le communiqué de presse

Page dédiée au livre (site de l’éditeur)


-


Extraits (Avant-propos) : Ce qui semble inhérent à ma démarche artistique, c’est cette volonté d’essayer de saisir ce qui traverse notre société. Comprendre ce quelque chose qui nous précède, qui nous meut, et s’échappe au devant.


Oradour a une histoire singulière.


Le 10 juin 1944, ce village a été massacré. Les enfants, les femmes et les hommes ont été tués ; les maisons, l’église, les arbres et les jardins, tout a été détruit en quelques heures. Par l’inhumanité des hommes en guerre. Et pourtant, soixante-dix ans après ce drame, Oradour est toujours là. D’un côté, les ruines se dressent devant nous, comme des cicatrices. Elles sont la marque de cet effroyable passé. De l’autre, face au village martyr, s’élèvent les toits des maisons du nouveau bourg. Deux villages pour un même nom ; comme un fils, ou comme un frère.


À Oradour, le passé et le présent sont plus que liés, ils coexistent ensemble. Chacun exerçant son influence sur l’autre. Après ce terrible jour de juin 1944, on n’a pas rasé pour reconstruire, comme cela a été le cas ailleurs, dans des semblables et sordides circonstances. On n’a pas non plus enfermé ce lieu dans le passé, en le fuyant. Les quelques survivants, et leurs familles, sont restés et ont construit autour ; ils ont imaginé un avenir avec ce passé. D’abord dans un long deuil nécessaire, qui a modelé l’urbanisme du nouveau bourg, puis le temps faisant, en redevenant ce village attractif d’avant la tragédie.


Bien entendu, je n’omets pas l’influence du politique, dans ce qui s’est joué dans l’Oradour de l’après-guerre. Cette histoire singulière est aussi le fruit de ce besoin d’unité nationale, autour d’un même symbole fort, après les années noires d’une France divisée. Encore aujourd’hui, Oradour n’est pas tout à fait affranchi de cette attention que lui porte le politique. Oradour, village martyr, doit rester un témoin historique, et permettre de faire perdurer la mémoire d’un passé, notamment auprès des jeunes générations. Ma famille n’a pas été touchée par ce terrible massacre, et je n’habite pas à Oradour. Je ne suis ni historien, ni professeur, ni journaliste. On pourrait alors penser que je ne suis pas concerné. Seulement, je suis de cette génération à venir, celle que l’on a interpellée. J’ai rencontré Oradour. J’ai été confronté à son passé, et aux mille questions sans réponse qu’il suscite. Certes, je n’ai pas été touché dans ma chair, comme l’ont été les victimes, et leurs familles. Mais quelque part, cette mémoire est un peu la mienne désormais.  Et c’est par la photographie que j’ai voulu témoigner.


Loin d’une approche historique, ou sociologique, il s’agit d’un parcours photographique sur l’histoire d’Oradour, des ruines du village martyr, témoin de ce triste passé, jusqu’au nouveau bourg, qui porte en lui l’espérance. Parce qu’Oradour a ces deux visages. Le choix d’utiliser un sténopé comme appareil photographique, repose sur un parti pris ; le sténopé abolit le temps, il ouvre les espaces et les dimensions – travaillant à l’infini – en s’abstenant de tout artifice.  En quelque sorte, il est intimement lié à mon sujet.


© Charles Borrett / Mazeto Square

# # # # # # # # #
Partager sur Facebook Partager sur Twitter Partager sur Digg Partager par e-mail Imprimer